j'attends des jumeaux, la naissance

Publié le par Clém.

J’attends des jumeaux n°6

 

Le dernier mois d’attente avant l’arrivée de mes bébés a été assez serein. J’espérais toujours qu’ils se retourneraient et ainsi éviter la césarienne. Ils continuaient à se développer comme s’ils étaient tous seuls. Et tout était pour le mieux. 

Ce qui m’ennuyait avec la césarienne, c’est que je savais que j’allais être cloué au lit au moins deux ou trois jours et que je n’allais pas être en capacité de m’occuper de mes bébés autant que mon cœur et que mon ame le voulaient. 

J’avais mon premier accouchement en tête et j’aurai donné n’importe quoi pour revivre l’intensité de ce bonheur à l’état brut que fut la naissance de Bastien. 

Le fait qu’ils étaient deux ne devait rien changer mais celui d’avoir une césarienne était pour moi une véritable catastrophe.

Je ne peux donc pas vous raconter la naissance de mes jumeaux sans vous parler avant de la naissance de mon Bastien. 

L’accouchement s’était passé comme dans un rêve. Nous étions vraiment deux à donner la vie : son papa et moi. Tout cet amour autour de cet enfant était déjà si fort que rien n’aurait pu troubler cette Vie là. On l’attendait avec une force extraordinaire.

C’était le 11 mars 2004, Les contractions m’ont réveillé à deux heure du matin. Je m’étais levée sans faire de bruit, laissant dormir mon homme. Elles ont été régulières rapidement et intenses ne me laissant aucun doute sur mes prochaines 24 heures.

A 7h j’ai réveillé Yves et je lui ai dit « c’est aujourd’hui ». 
Je ne pouvais rien avaler.

On s’est assis sur le canapé un long moment et on a regardé la neige qui dansait avec le jour qui se levait. On commençait à voir les feuilles sur les arbres, le printemps ne demandait qu’à vivre.

A 9 h nous étions à la maternité. Je savais qu’il ne servait à rien de s’y précipiter pour un premier enfant. Je n’avais pas envie d’attendre dans le couloir de l’hôpital…

La sage femme était géniale et l’infirmière s’est laissée transporter par la joie et le bonheur qui planait dans la salle. Nous rayonnions tous (c’est peut être la péridurale qui donne des effets euphorisants!!!) En tout cas nous étions tous heureux d’être là, ensemble et de vivre l’arrivée de l’enfant.

Bien sûr il y a eu l’épisiotomie et les forceps parce que mon gros bébé de presque 4 kilos avait quelques difficultés à se frayer un chemin vers la lumière. Mais ce n’était rien. J’étais heureuse c’était tout.

Bastien est né à 16h44.

Cependant une chose étrange : ma mémoire à occulter d’enregistrer les premières secondes de la vie de mon bébé dans ma petite tête. Je crois que c’est parce que je l’ai trouvé très laid, tout bouffi, violet et plein de sang. On l’a posé sur ma poitrine et il était chaud comme un pain que l’on sort du four.

Puis il est allé faire un brin de toilette avec son papa pendant que l’on enlevé le placenta qui ne s’était pas décollé et que l’on me recousait. Une heure après, papa et bébé sont revenus. Et là rien ni personne n’aurait pu m’enlever ce beau et merveilleux bébé des bras. Je n’ai pas dormi de la nuit , je l’ai passé à le regarder, à le serrer contre moi. Et qu’est-ce que je le trouvais beau! Et oui, le plus beau du monde! 

Je ne sais pas si c’est ça l’instinct (maternel) mais ça m’en a tout l’air, surtout qu’en voyant les photos quelques jours après je me suis rendue compte que Bastien avait le crâne allongé comme un obus. C’était très impressionnant. Et bien figurez-vous que cet énorme détail je ne l’ai jamais vu! 

Je pensais que je ne vivrais pas aussi intensément ce deuxième accouchement , que le fait de programmer un jour et une heure viendrait contrarier la spontanéité de l’émotion.

Et bien non!

Tout d’abord je devais passer sur la table d’opération à 9h mais une autre maman de jumeaux est arrivée en urgence, j’ai donc accouché à 12h04 et 12h07.

J’ai attendu longtemps dans une salle de réveil qui servait aussi de salle de préparation. J’étais seule et la séparation d’avec mon mari était difficile. Il faut dire aussi que c’était juste avant le week end du 15 août et que le personnel de l’hôpital était au minimum… Dans la salle d’opération l’équipe (que des hommes sauf l’anesthésiste qui était très garçon manqué) était très sympa et j’étais détendue. Enfin Yves est entré , je l’ai à peine reconnu tellement il était déguisé…

Je me rappelle de la table qui était toute petite, d’avoir les dents qui claquaient tellement il faisait froid, de la brûlure du produit qui descendait le long de ma colonne vertébrale. Et puis une impression de chaleur diffuse et de ne plus rien sentir, ni mon dos, mon ventre, mes bébés, mes jambes.

J’avais juste hâte de les voir, les toucher, les sentir. Juste pour être rassurée,pour les voir vivre.

Une fois que toute l’équipe médicale est prête (on a attendu deux pédiatres qui étaient partis déjeuners, tout compte fait on s’est contenté de deux sages femmes!)c’est très rapide.

J’ai vu Samuel, qu’ils m’ont montré quelques secondes avant de l’emmener rapidement à coté pour lui dégager ses petits trous de nez pour qu’il respire bien. Giovanni est arrivé tout de suite après, directement sur moi, sur ma poitrine, sa petite tête dans mon cou. Ses grands yeux tournaient vers moi, ses tous petits doigts flétris qui s’aggripaient. Et Samuel est revenu, posé juste à coté de son frère. J’étais entière avec ses deux petits bouts posés là. Je voyais Yves tout ému et je lui disais « tu as vu comme ils sont beaux, c’est incroyable comme ils sont beaux ». 
Samuel pesait 3270 kilos pour 50.5 cm et Giovanni pesait 3050 kilos pour 50.5 cm.

Mais comme il faisait froid dans cette salle, mes petits bébés sont donc partis, suivis de très près par leur papa, faire leurs petits bains. Je ne me rappelle pas quand je les ai entendu pleurer mais je me souviens d'avoir remarqué qu’ils n’avais pas la même voix.

L’infirmière venait régulièrement me donner de leurs nouvelles. Je n’étais vraiment pas inquiète. J'essayais de ne pas être impatiente. Je me faisais une fête de les retrouver, comme un cadeau que l'on a attendu longtemps, je savourais l'instant d'avant pour mieux recevoir le moment où j'allais enfin pouvoir les serrer de nouveau contre moi.

J’ai du retourner dans la chambre vers les 15h et enfin j’ai pu retrouver mes bébés. 
J’avais hâte de retourner chez moi, dans ma maison, d’être enfin seule avec mes 3 petits garçons, mes 4 hommes, baignée dans l’odeur acre et sucrée de mes bébés.



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